L’été approche, les départs en vacances aussi. Que vous possédiez une résidence secondaire, une maison de famille à la campagne ou que vous vous absentiez simplement plusieurs jours de votre domicile principal, une inquiétude revient chaque année : retrouver son logement occupé illégalement, dégradé ou vandalisé à son retour.
Ces situations, bien que minoritaires, sont une réalité. Squats de résidences secondaires, intrusions pendant une longue absence, dégradations immobilières ou occupations illicites temporaires... les conséquences peuvent être lourdes, tant sur le plan matériel que juridique.
Face à ces risques, la réactivité est essentielle. Plus une occupation illégale est constatée tôt, plus les chances d’obtenir l’expulsion rapide des squatteurs augmentent.

Squat et occupation illégale : un risque accru pendant les périodes de vacances
Les périodes estivales sont particulièrement sensibles aux occupations illégales. Les logements laissés vacants pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines deviennent des cibles potentielles pour :
- des squatteurs ;
- des cambrioleurs ;
- des personnes mal intentionnées qui dégradent des biens privés.
Les résidences secondaires sont particulièrement exposées en restant inoccupées une grande partie de l’année. Les résidences principales ne sont pas épargnées, notamment durant de longues vacances.
Dans certains cas, l’occupation illégale peut s’accompagner de :
- dégradations volontaires (tags, casses...) ;
- changement de serrure (plus accès à votre logement) ;
- branchements sauvages (eau, électricité...) ;
- détérioration du mobilier ;
- dommages structurels du bien (destruction d’un mur, vitres brisées...).
Le choc est souvent brutal pour les propriétaires. Au retour de vacances, ou lors d’une arrivée dans une résidence secondaire après plusieurs semaines d’absence, l’accès au logement est impossible ou l’habitation est dans un état préoccupant.
Pourquoi faut-il agir immédiatement ?
Lorsqu’une occupation illégale est suspectée ou confirmée, le facteur temps devient déterminant.
Une réaction tardive peut compliquer considérablement la procédure judiciaire. À l’inverse, une intervention rapide permet :
- d’établir la réalité de l’occupation ;
- de constituer des preuves solides ;
- d’ouvrir une procédure judiciaire ;
- de ne pas perdre plus de temps dans les démarches d’expulsion.
Attention : n’intervenez jamais seul. Même en étant propriétaire du bien, le fait de de forcer un tiers à quitter le lieu qu’il habite, sans concours de l’État, par manœuvres, menaces, voies de fait ou contraintes, est puni de 3 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende (article 226-4-2 du Code pénal).
Cela ne veut pas dire que les squatteurs sont protégés pénalement : l’introduction et le maintien dans le domicile d’autrui sont eux-mêmes punis de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, et le domicile comprend aussi une résidence secondaire ou un local d’habitation contenant des meubles, même si le propriétaire n’y habite pas en permanence.

Que faire si vous découvrez votre logement occupé ou dégradé ?
Si vous suspectez un squat, une intrusion ou une occupation illicite, il est recommandé de suivre les
étapes suivantes :
1. ne pas intervenir seul, évitez toute confrontation directe avec les occupants ;
2. faire constater rapidement la situation, un constat par un commissaire de justice permet d’obtenir
des éléments de preuve avec une force probante élevée ;
3. rassembler tous les documents utiles (titre de propriété, factures, photos, contrats d’assurance,
justificatifs d’absence...) ;
4. engager les démarches judiciaires.
Avec la procédure accélérée
En cas de squat d’une résidence principale ou d’une résidence secondaire meublée, une procédure accélérée permet de demander l’évacuation forcée des occupants sans passer par une décision judiciaire préalable.
Pour engager cette procédure, il faut d’abord déposer plainte pour violation de domicile auprès du commissariat ou de la gendarmerie, prouver que le logement constitue votre domicile ou vous appartient (par exemple avec des factures, documents fiscaux ou attestations), puis faire constater l’occupation illicite par un officier de police judiciaire, le maire ou un commissaire de justice.
Une fois ces éléments réunis, une demande est adressée au préfet afin qu’il mette en demeure les squatteurs de quitter les lieux. Le préfet doit statuer dans un délai de 48 heures. Si la demande est acceptée, les occupants disposent d’un délai minimal de 24 heures pour quitter un domicile squatté. En cas de refus de départ à l’expiration du délai fixé par la mise en demeure préfectorale, le propriétaire ne fait toujours rien lui-même : c’est le préfet qui doit faire procéder à l’évacuation forcée par la police ou la gendarmerie.
Devant un juge
Tout propriétaire peut également engager une procédure judiciaire pour obtenir l’expulsion des squatteurs.
Il doit, en premier lieu, de déposer plainte pour violation de domicile ou occupation illicite et réunir les preuves de sa propriété ainsi que de l’occupation illicite du logement.
Il est recommandé de faire intervenir un commissaire de justice afin d’établir un constat précis de l’occupation, de relever les éléments matériels constatés sur place et, si possible, d’identifier au moins l’un des occupants.
La juridiction compétente est le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire ou du tribunal de proximité dans le ressort duquel se situe le logement. La demande est généralement formée en référé, compte tenu de l’urgence, afin d’obtenir une ordonnance d’expulsion.
Les squatteurs doivent être assignés à comparaître à l’audience. L’assignation est délivré par commissaire de justice.
Si aucun occupant ne peut être identifié, une procédure sur requête peut être envisagée afin d’autoriser les diligences nécessaires, voire, dans certains cas, de solliciter une décision d’expulsion à l’encontre d’occupants non dénommés.
Si le juge ordonne l’expulsion, la décision doit leur être signifiée par commissaire de justice. Si les occupants ne quittent pas les lieux dans le mois suivant cette signification, un commandement de quitter les lieux leur est délivré. En cas de maintien dans le logement, le commissaire de justice peut demander au préfet le concours de la force publique pour procéder à l’expulsion.
Le constat d’occupation illicite : une preuve solide
Pour engager une procédure judiciaire et obtenir une expulsion dans les meilleurs délais, vous devez être
en capacité de démontrer plusieurs éléments :
- le logement vous appartient ou vous en avez la jouissance légitime ;
- ce dernier est occupé sans droit ni titre ;
- cette occupation est effective ;
- le cas échéant, des dégradations ont été commises (ex. : porte fracturée, vitre cassée...).
Le constat d’occupation illicite permet de décrire ces faits, à une date précise.
Ce constat peut prouver devant un préfet ou un juge :
- l’occupation des lieux ;
- les traces d’effraction ;
- l’état des accès (ex. : changement de serrure sans le consentement du propriétaire) ;
- les dommages visibles ;
- tout autre élément utile au dossier (ex. : nom des occupants sans droit ni titre sur la boîte aux lettres
du logement).
Expulsion rapide : un dossier complet fait toute la différence
En matière d’occupation illégale, la rapidité d’exécution dépend en grande partie du dossier fourni au préfet ou au juge. Un dossier incomplet ou insuffisamment documenté peut ralentir la procédure. À l’inverse, un dossier clair, structuré et étayé facilite la prise de décision.
Pour une demande d’expulsion, plusieurs éléments sont généralement nécessaires :
- un titre de propriété ;
- un ou des justificatifs d’occupation régulière (ex. : constat d’occupation illicite d’un commissaire de justice) ;
- des preuves d’absence temporaire justifiant l’impossibilité d’agir plus tôt pour éviter l’intrusion des occupants sans droit ni titre (ex. : réservation d’un logement de vacances).
L’objectif est simple : démontrer sans ambiguïté l’occupation illicite du logement.
Dans de nombreuses situations, la force probante des preuves recueillies influence directement la suite de la procédure.
Partir en vacances sereinement : nos conseils
Personne ne souhaite revenir de vacances ou partir en vacances pour découvrir son logement occupé ou dégradé.
Pourtant, ce risque existe, en particulier pour les résidences secondaires et les absences prolongées de son domicile.
Quelques précautions permettent de réduire ce risque :
- installer une alarme ou un système de télésurveillance ;
- demander des passages réguliers à un voisin, des proches ou la gendarmerie ;
- relever le courrier le plus souvent possible ;
- éviter de signaler publiquement une longue absence (ex. : éviter les publications trop précises concernant les dates de vacances sur les réseaux sociaux) ;
- vérifier régulièrement si possible l’état du bien.
La prévention reste la meilleure protection. Malgré toutes les précautions, aucune solution n’offre un risque zéro. C’est pourquoi il est important de savoir comment réagir en cas de problème.
En cas d’occupation illégale, la rapidité d’intervention et la qualité des preuves recueillies sont souvent déterminantes. Un constat d’occupation illicite précis et daté par un commissaire de justice accompagné de photographies le cas échéant permet de constituer un dossier solide. Devant le préfet ou le juge, ces éléments renforcent considérablement la solidité de la demande d’expulsion, avec le concours de la force publique si nécessaire.





